jeudi 7 juillet 2016

IRIS MIRANDA (Thierry Gaudin)

                                  " photographie Emilie Dubrul"
Dans la chevelure des êtres / S’animent des bestiaires vivants / Se dévoilent des écrans translucides / Ou apparents / Transparentes membranes sensibles / Là dans ces tissages cellulaires / Qui articulent dans les nerfs / Des portraits inextricables /Câbles et  mesures du temps / Les pas des bêtes qui se terrent / Les voix qui se serrent / Les voies des mystères / Car l’espace leur est compté / Quand les contes les narrent / À l’évidence au présent / Et ça remonte dans la nasse / Des espèces là où les genres se mêlent /
S’emmêlent et se génèrent / S’inséminent et s’hybrident / Se grisent et se divulguent / Dans et par des histoires sans héros véritables /Inexpliqués dans la crinière des gens / Invisibles dans les toisons épilées / Ici se trament des habitants / Venus des forêts impérissables / Qui hébergent le vivant / Les cellules se souviennent et bousculent le présent / Le présent se sait instable à l’écoute / Des vertèbres des organes et des sens / Que murmurent les âmes  / Animales et humaines /Animaines et humales / Esprits des sources et du sang / De la lymphes et des accents / Des ténèbres silencieuses tapies au centre / De chacun chaque une où nos mots / Espèrent des refuges / Où s’élaborent des gravures / Aux encres indéniables / Des becs et des griffes des os et des dents / Qui s’agrippent sur les dermes / Des messages qui se taisent / Oblitérés dans les espaces énoncés / Sur la nappe des évidences / Écrites où tout se tait par éloignement bâti / Surgi des bétons et des bitumes / Quand la chair se fait statistique / Oubliant oublieuse
Des origines et des héritages / Des atavismes et des lignages

La pointe et le burin / L’encre sous la presse / Les  gestes consignent /Le destin et la sagesse des existences / Qui persévèrent à se dire / À nous dire


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