vendredi 15 septembre 2017

MONIQUE PAVLIN : SUR LA ROUTE (Michel Foucault)


De nombreux peintres ont intégré la photographie dans leur pratique depuis son invention vers les années 1830. L'appareil-photo semble être un outil plus rapide et plus efficace que le dessin pour saisir les images du réel qui serviront à leur production picturale. La pratique de Monique Pavlin s'inscrit dans cette tradition.

Pour sa série « Le pli de la carte », elle traque avec son appareil photographique les paysages furtifs qui s'offrent à elle derrière le pare-brise de sa voiture. Elle privilégie les conditions météorologiques qui sont pour elle sources de surprises inattendues et donc sujets à saisir pour une peinture à venir.
« Il y a plus d'intérêt pour moi dans un ciel qui tremble sous le vent, l'orage, mouvance des images, qu'un ciel sans histoire ».


Plus tard dans l'atelier, la photo sera reprise. Quand elle se met à peindre, Monique Pavlin n'opère pas une simple reproduction de l'image photographique mais la transfigure. Avec le changement de médium, le paysage acquiert une nouvelle présence. De larges surfaces contenant un minimum d'information installent le spectateur dans une zone d'incertitude. On hésite souvent à identifier ce qui est montré. Un château d'eau, un poteau téléphonique, des arbres tordus par la tempête apparaissent derrière le brouillard ou sous un rideau de pluie. Le flou qui les entoure rend imprécis les détails qui permettraient de se repérer. Sur les routes, nulle présence ou activité humaine. La vie semble suspendue. Entre chien et loup, entre apparition et disparition, la traversée silencieuse et solitaire de paysages indécis nous entraîne dans une étrange aventure teintée de mélancolie propice à toutes les rêveries.




jeudi 14 septembre 2017

INGRID STÜBINGER : OURAGANS DE PAYSAGES... (Yannick Lefeuvre)

Ingrid STÜBINGER



Le vent qu'engouffrent ses couleurs fait palpiter ses toiles. Elles vibrent et nous révèlent ses houles profondes. Vigoureuses couleurs, élans de tempêtes, tournants et routes. De son pinceau, elle nous arrache à nos docilités quotidiennes. Par contre-jour de couleurs pleines, souffles toujours vigoureux et en mouvement, elle nous prend la main et force le regard vers des violences de pleine terre, de pleine pomme et d'émotions vivifiantes. Ingrid Stübinger aime la vie et, nous prenant à bras le corps, elle nous intime d'y plonger avec elle.